À la conquête des Monts Méru et Kilimandjaro

Le Méru et Kilimandjaro sont nés de la chaîne du grand Rift qui traverse du nord au sud l’est du continent africain. Une observation établie sur des fumerolles en 2014 laisse supposer que le mont Meru est toujours actif. Les principales éruptions à l’origine de la forme actuelle de sa caldeira ont eu lieu  au XIXème S. et au XXème S, c'est-à-dire « aujourd’hui » sur la plan géologique. Le pic Uhuru au mont Kili atteint 5 895 m, plus haut que le mont Meru qui est de 4 565 m.

Les deux monts Meru et Kilimandjaro ont été révélés aux géographes européens au XIXe siècle par le missionnaire allemand Johannes Rebmann. Sa description et sa première carte servent les expéditions postérieures des trois explorateurs, John Specke, Richard Francis Burton et Henri Morton Stanley, ayant lieu dans la même période. Partis à la découverte des sources du Nil dans l’est du continent africain,  ces trois explorateurs confirment la nature volcanique du Kili au sommet recouvert de neiges.

En ce qui concerne la végétation, des clairières avec animaux : girafes, buffles, zèbres ; des cultures dont celles du café, des bananes, du maïs, de l’eucalyptus et du tournesol sont visibles à moins de 2 000 m, auxquelles succèdent de la forêt jusqu’à 3 000 m. Ce sont ensuite les cendres et de la rocaille qui rendent les dernières parties d’ascensions très difficiles.

Les neiges du Kilimandjaro
Les neiges du Kilimandjaro

L’ascension

L’ascension du mont Meru offre moins de diversité que le Kili mais pour autant reste magnifique en offrant quasiment en permanence une vue sur la silhouette emblématique du Kili, situé à 70 km. Le Méru est également plus difficile, il faut savoir enchaîner des passages par de la cendre où l’on semble marcher sur place pour atteindre le « socialist peak » au bord de la caldeira qui fait 5 km de diamètre. Il faut  bien compter trois nuits en altitude pour réaliser l’ascension. Le départ se fait depuis le parc national d’Arusha.

Le cratère du Mont Néru
Le cratère du Mont Néru

Le Kili fait partie des sommets stars dans le monde, en conséquence il est très fréquenté. Il existe plusieurs trajets possibles pour accéder au sommet, quatre principalement. La route la plus empruntée, dite Marangu ou « Coca–cola », qui comporte des nombreux refuges, est une véritable autoroute touristique. La deuxième, voie Machame, est certes très jolie mais également très empruntée. Heureusement, celles de Rongaï et de Lemosho sont plus tranquilles. La route de Rongaï  n’est pas loin du Kenya et permet de prendre tout son temps. On se retrouve souvent assez seul. Les paysages sont très variés, alternant des champs, puis de la forêt, enfin des rocailles et des paysages lunaires car volcaniques. Et pour finir les neiges éternelles ! En dernière étape, on se lève à minuit pour arriver à 6h du matin et on finit par marcher sur de la glace, équipés de lampes frontales. Et puis il y a ce sentiment d’être au–dessus du continent africain, « le toit du monde ».

Lever de soleil au sommet du Kili
Lever de soleil au sommet du Kili

La préparation

Que ce soit l’ascension du mont Meru ou celle du Kili, elles ne s’improvisent pas. Il faut penser à les préparer. Il faut être vigilant sur le mal d’altitude, chacun d’entre nous réagit différemment. Si vous êtes pris de nausées, vomissements, sachez redescendre à temps. C’est que l’altitude ne vous réussit pas.

Les transitions climatiques sont très brutales et il faut y faire attention, notamment la nuit où le froid peut être intense, que vous dormiez en refuge ou sous la tente. Il faut bien s’équiper en conséquence sur le plan vestimentaire : moufles, bonnet, pantalons, collants, chaussures de marche sont nécessaires. Il faut aussi s’équiper en matériel : bâtons de marche, sac à dos, matériel de couchage, etc. Enfin, indépendamment des risques de santé générés par votre aptitude à réagir à l’altitude, le danger peut provenir des animaux : un guide armé ou ranger est nécessaire au départ.

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© photo principale : Jean Bernard Desbat © photos article de haut en bas : n° 2 CC BY-SA 3.0, 3 Christoph Buser, 4 Antonin Rémond, 5 Dolores Eche