Balade à Stone Town

La petite ville de Stone Town, ancienne capitale du sultanat d’Oman (XVIIIe-XIXe s.) inscrite au patrimoine de l’UNESCO en 2000, est le passage obligé pour entrer sur Zanzibar, l’île aux mille épices. Son histoire est liée à celle des échanges commerciaux entre l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie jusqu’à ce que le choix fut fait d’accorder la préférence au port de Dar es Salam au XXe s.

Les anciens palais de Stone Town

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Autour de la baie, sont accolées les unes aux autres plusieurs bâtisses blanches, larges, aux façades agrémentées de balcons en bois et surmontées de terrasses. Ce sont les anciennes habitations des sultans qui se succédèrent.
La princesse Salme (1844-1924), fille du sultan Saïd, habita l’une d’entre elles. Elle restitue dans sa biographie (Mémoires d'une princesse arabe) les disputes et les intrigues divisant sa famille, qui joua un rôle de premier plan dans l’histoire locale jusqu’à la mise en place du protectorat britannique en 1890.
Ouverts à la visite, ces palais – le palais des Merveilles, le Palace Museum, le palais du Peuple et le palais Bet Il Mtoni où la princesse fut élevée – ont des larges couloirs qui vous mèneront de pièce en pièce, parfois meublée à l’européenne. Depuis les terrasses couronnant ces palais, vous regarderez sans vous lasser les boutres sur l’océan.

Demeures et balcons de Stown Town

Le Vieux Fort a été construit par les Omanais au XVIIe siècle.
Le Vieux Fort a été construit par les Omanais au XVIIe siècle.

Après avoir jeté un œil à ces différents palais et au vieux fort omanais où se déroule chaque année en février-mars le festival de musiques africaines Sauti Za Busara, vous pouvez vous diriger vers un large square pourvu d’un kiosque au milieu, le Forodhani Gardens. Ensuite, prenez le temps de vous perdre dans le dédale des ruelles tortueuses et parfois très sombres – Kenyata Street est la rue la plus importante – abritant échoppes et vastes habitations.
Ces dernières, pour la plupart d’origine portugaise et arabe, peuvent compter jusqu’à 20 chambres. Les communautés africaine, indienne et anglaise se répartissaient l’habitat suivant les étages. Les portes rondes parfois décorées de clous de girofle ou de figures animalières sculptées et de pointes – tradition importée pour empêcher le passage des éléphants–, et  les balcons en bois à encorbellement attestent l’influence indienne tandis que les portes carrées arabes se caractérisent par deux parties, une partie dite femelle, une autre mâle. Des fragments de corail ont été utilisés pour la construction de tous ces édifices : les coquillages remplis de sable servaient de ciment.

Les portes des maisons de Stone Town sont en teck ou bois de sésame, sculptées de motifs fleuris ou animaliers et hérissées de clous de cuivre.
Les portes des maisons de Stone Town sont en teck ou bois de sésame, sculptées de motifs fleuris ou animaliers et hérissées de clous de cuivre.

Vie religieuse et vie quotidienne

Le patrimoine religieux de Stown Town

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Stone Town comporte aussi de nombreux édifices religieux : 48 mosquées destinées à la communauté musulmane existent, ouvertes aux hommes tous les jours et aux femmes le vendredi mais aussi une mosquée indienne fréquentée par la communauté ismaélienne, une église anglicane bâtie sur l’ancien marché aux esclaves et une cathédrale pour la minorité catholique.

Rencontres à Stown Town

Les marchés, parmi lesquels le marché portugais (XVe s.) et le marché arabe (XVIe s.) situés à proximité de l’église anglicane, les places ou placettes sont des lieux de vie sociale : on y discute, on y échange des idées. Le commerce et la cuisine se pratiquent dans la rue : au sol, des femmes, jambes allongées, font cuire du pain indien en galette sur des petits feux.

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Dans les ruelles de Stone Town, malpropres, encombrées de détritus, surmontées de câblages et de fils électriques distendus où il n’est pas rare de voir une énorme araignée filer sa toile, se perd une foule parfois composée de femmes élégantes revêtues d’abayas, constellées de fausses pierres brillantes, le visage protégé derrière un voile noir. D’autres portent des voiles aux vives couleurs. Au sommet d’un monticule dans l’une de ces rues, pleine de gravats, non protégée, se situe la tombe du marchand Tippo Tip (1837 -1905), arabe, qui commerçait l’ivoire, l’or et les esclaves avec le Congo.

palais Bet Il Mtoni, Tél : +255 24 225 0140, Email: mtoni@zanzibar.cc
Old Fort (fort omanais), Nr. Beit el-Ajaib
Forodhani Gardens, entre le vieux fort et la mer
maison de Tippo Tip, Suicide Alley, au sud de Kelele Square


© photo principale : Léopard Tours & Zantours © articles de haut en bas : Christophe Philippe ; Christophe Philippe ; Sandra Miatti ; Sandra Miatti ; Park Hyatt Zanzibar

La petite ville de Stone Town, ancienne capitale du sultanat d’Oman (XVIIIe-XIXe s.) inscrite au patrimoine de l’UNESCO en 2000, est le passage obligé pour entrer sur Zanzibar, l’île aux mille épices. Son histoire est liée à celle des échanges commerciaux entre l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie jusqu’à ce que le choix fut fait d’accorder la préférence au port de Dar es Salam au XXe s.