Kilwa, bijou de la côte swahilie

Visiter la cité de Kilwa Masoko, sur la côte swahilie, c’est plonger dans un pan d’histoire qui nous est méconnu. Depuis le Moyen-Âge, les communautés s'y sont succédé, attirées par sa position insulaire et stratégique en amont du continent africain. En témoignent les vestiges de Kilwa Kisiwani et Songho Nara, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1981. On peut rallier Kilwa depuis Dar es Salam, une expérience originale et passionnante.

Des origines perses

Au large de Kilwa Masoko, Kilwa Kisiwani (Kilwa "sur l'île") fut à l’origine fondée par le sultan perse Ali Ibn Al-Hasan qui en prit possession. Ce site allait devenir un important centre commercial (échanges de l’or, ivoire et esclaves de l’arrière-pays contre de l’argent, de la cornaline, des parfums, des faïences de Perse ou porcelaines de Chine) à l'instar des cités de la côte kenyane (Mombasa) et mozambicaine (Sofala) où allait naître la culture swahilie. Kilwa Kisiwani a même frappé sa propre monnaie du XIe au XIVe siècle.

blog-tanzanie-kilwa-kisiwani-6

Paroles de voyageurs

Ibn Battuta, un voyageur marocain, disait de Kilwa Kisiwani qu’elle était l’une des plus belles villes du monde. 200 ans plus tard, Duarte Barbosa, un commerçant portugais, décrivait le roi de Kilwa Kisiwani comme un monarque régnant sur toute la côte orientale de l’Afrique.

Des conquêtes successives

Au début du XVIe siècle, Kilwa Kisiwani tombe sous domination portugaise, puis regagne son indépendance deux siècles plus tard. Elle connaît alors une nouvelle période de prospérité en devenant un haut lieu de la traite négrière. Dans les années 1780, Kilwa Kisiwani tombe sous le joug omanais – en témoigne le fort arabe, premier bâtiment que l'on aperçoit en arrivant sur l'île –, puis zanzibarite au XIXe siècle. C'est le début du déclin de l'île qui va de pair avec l’apogée de sa rivale, Zanzibar. La conquête allemande au XIXe siècle sonne définitivement le glas de Kilwa qui sombre peu à peu dans l’oubli…

Les vestiges de Kilwa Kisiwani

Sur l’île principale

Kilwa Kisiwaniblog-tanzanie-kilwa-kisiwani-5

L’énorme fort arabe, la mosquée swahilie du XIe siècle – la plus belle et la plus grande au sud de l’Équateur avec ses dômes et voûtes –, le palais d’Husuni Kubwa avec sa grande piscine octogonale, et tout un ensemble urbain avec maisons, places publiques…

Les ruines de Songo Mnara

Songo Mnara
Songo Mnara

Situés à l’extrémité nord de l’île, ces vestiges (cinq mosquées, un ensemble palatial, des habitations domestiques…) protégés par un mur d’enceinte, forment l'une des villes archéologiques les plus complètes de la côte.

Kilwa en pratique

Y aller
– en voiture : 300 km en voiture (5/6h) depuis Dar es Salam. Au carrefour des routes Selous/Lindi, emprunter la route de l’aéroport puis la route du Sud.
– en avion : la compagnie Coastal dessert quotidiennement Kilwa depuis Dar es Salam.
Visiter les ruines de Kilwa Kisiwani
Il faut une autorisation délivrée par le bureau des Antiquités du district de Kilwa et être accompagné d'un guide. Des bateaux locaux assurent la traversée entre Kilwa Masoko et Kilwa Kisiwani.
Se loger
Kilwa Dreams Beach Resort, Kilwa Masoko, Tél. : +255 784 585 330, email : info@kilwadreams.com

photo principale et photos article : Ron Van Oers / UNESCO