Le Ngorongoro et Olduvai

Avec notre chauffeur Damas, nous quittons les pistes de la réserve du Tarangire et par une route goudronnée qui monte en lacets, rejoignons l’entrée de la zone de conservation du Ngorongoro où nous accomplissons les formalités d’entrée.

La zone de conservation du Ngorongoro

Le Ngorongoro appartient à une chaîne de cratères, de volcans, de plateaux et de montagnes. Leur naturelle proximité crée chez le visiteur un sentiment de fusion. Dans ces grands espaces protégés, la faune cohabite avec des populations semi-nomades, les Masaï. En vertu d’un accord établi avec le gouvernement tanzanien, ils vivent dans les réserves et y mènent leurs activités pastorales. Il est également fréquent de les rencontrer sur la route entre Arusha et les différents parcs.
Neuf autres volcans – Empakaï où un lac constellé de flamants roses occupe le fond du cratère ; Ol Doinyo Lengai dont le nom signifie « Mountain of God »…– d’une altitude supérieure à 2 000 m, très espacés les uns des autres, se perdent dans les brumes. Sur leurs pentes, des groupes de girafes et de zèbres s’élancent ou gambadent.

Zèbres dans le cratère du Ngorongoro
Zèbres dans le cratère du Ngorongoro

Élancées, les silhouettes des Masaïs se dressent devant leurs villages entourés de grossières clôtures ou arpentent les terres qui les entourent, ces zones de pâturages qui appartiennent à leurs troupeaux.
Au fond du cratère du volcan Ngorongoro large de 200 km dans son diamètre, espace aux pentes abruptes où ils trouvent une nourriture suffisante, plusieurs espèces d’animaux – des zèbres, des gnous, des lions, mais aussi quelques rhinocéros – y circulent résolument et s’en échappent aux périodes migratoires.

Nous laissons le cratère du Ngorongoro, dévalons la route en lacets et partons pour rejoindre les plaines du Serengeti.

Entre Karatu et le parc national du Serengeti
Entre Karatu et le parc national du Serengeti

Rencontre en pays Masaï

Nous enchaînons les lacets de la route qui serpente à travers les flancs arrondis du massif montagneux. Ils s’étalent progressivement derrière nous. Et nous entamons une route rectiligne. Les lignes abruptes et cassantes de ce relief puissant s’adoucissent dans le lointain et prennent une couleur bleutée. Nous nous en éloignons et nous approchons des plaines du Serengeti.
Nous descendons de notre 4x4 et faisons une halte pique-nique. Nous alignons avec précaution nos lunch boxes sur le capot du véhicule sans leur offrir de prise au vent. Soudainement, un jeune berger accompagné de son chien surgit. Je lui donne nos gâteaux secs. Damas lui parle. Il doit passer seul la nuit dans la brousse avec son troupeau.

Masaï et son troupeau dans le cratère du Ngorongoro
Masaï et son troupeau dans le cratère du Ngorongoro

Nous rangeons nos lunch boxes lorsque s’approche un groupe de quatre femmes qui se suivent de très prés. Drapées de couvertures à carreaux rouge ou bleues, chaussées de semelles noires surmontées de grosses lanières qui enserrent les orteils et les retiennent captifs pour mieux courir s’il le faut. Elles rient en venant à notre rencontre. L’une est enceinte, l’autre porte un bébé dans le dos. La troisième a une coiffe composée de perles blanches sur la tête. Des bracelets et des larges colliers les ornent toutes. Un jeune garçon muni d’un bâton les accompagne.

Masaï dans le cratère du Ngorongoro
Masaï dans le cratère du Ngorongoro

Damas sert à nouveau d’interprète. Elles nous demandent de l’eau. Nous leur donnons des bouteilles. Des ânes les suivent, portant leurs maisons enroulées comme des escargots et des fagots. Elles sont les quatre épouses du même homme. Sur son ordre, elles ont entrepris de déménager et cherchent un nouveau lieu de campement. La plus âgée des quatre ira ensuite porter le message que les maisons sont prêtes. Entre ses seins, un étui en cuir contient un téléphone portable. La plus jeune qui a la coiffe vient de se marier. Son visage est rond et ses pommettes très saillantes. Elles poursuivent leur route pour établir leur domicile nomade dans le pays Masaï. Toutes les quatre rient encore quand nous les quittons.

Le site fossilifère d'Olduvai

Nous parvenons au site d’Olduvai. Attestées par des fossiles et des pierres taillées, des empreintes au sol enfouies sous les cendres rejetées par l’activité volcanique d’il y a plus de trois millions d’années ont été découvertes au sommet de la gorge d’Olduvaï et prouvent les premières traces de présence humaine (d’autres sites existent ailleurs sur le continent africain). Le dépôt de ces cendres puis le travail de l’érosion provoquant l’apparition de la gorge ont permis de dater les périodes d’occupation du site.
Des fouilles démarrèrent dés 1930 pour être achevées dans les années 1990 sous la direction du couple de chercheurs britanniques et passionnés Mary et Louis Leakey. Ils y établirent leur campement, y vécurent dans des conditions rudes et exhumèrent les empreintes qui furent soigneusement recouvertes d’un manteau protecteur de cailloux car trop fragiles.

Les gorges d'Olduvai
Les gorges d'Olduvai

Autour de la gorge d'Olduvai

Nous reprenons notre véhicule pour nous arrêter à Shifting Sand : née de l’éruption d’Oldoinyo Lengai, des vagues de sables noirs, grains de poussière volcanique, s’assemblent autour d’un petit cône haut de cinq mètres.Les hommes et les femmes du pays Masaï se vêtent de noir et en font le tour en implorant la pluie, la fertilité, la naissance des enfants.
L’homme occupe toute la place sur cette partie du continent. Il se perd dans l’immensité des paysages bruts qui surgissent des temps immémoriaux et sur lesquels flotte une idée d’éternité. Cette nature nous ramène aux premiers pas de l’humanité accomplis ici dans le pays Masaï, immédiatement confrontée à la dureté de l’existence et à la solitude.

Le site d’Olduvai en pratique

L’entrée du site est payante.
Un petit musée qui présente des panneaux explicatifs se situe au bord de la gorge d’Olduvaï où coule la rivière. 3 pièces composent le petit musée et présentent des cartes et photographies, notamment d'empreintes.
À l’extérieur du musée au bord de la faille, il faut admirer le point de vue et distinguer les différentes couches de sédimentation de la faille d’Olduvai. Un guide assure la visite pour laquelle il faut compter une heure.
Les autres vestiges – ossements d’animaux, crânes humains – sont conservés dans la réserve du Musée national de Dar, non ouverte au public.

 

© photo principale : Maryline Goustiaux © photos article de haut en bas : Jon Arnold/hemis.fr ; David Brunet ; IngenioDeContenidos/fotolia.com ; Olivier Charmes ; Leopard Tours